Foi Versus Peur

Et oui, il y aura toujours des questionnements qu'on aura de la peine à classer dans une rubrique, alors c'est là !!!
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Foi Versus Peur

Messagepar 110 » 10 Oct 2011, 22:54

Bonsoir,

La plus sombre tentative de fuite de l'homme vis à vis de la vie,
c'est la folie.
L'abandon de la raison face à la souffrance.
C'est une crainte archétypale légitime de ne pas vouloir supporter la souffrance que peut générer l'existence.
Les états d'âmes tombes parfois au tréfonds de la douleur et de la souffrance.
Alors il faut s'accrocher, persévérer, plus on connait la sagesse de l'existence, moins on craint d'affronter cette douleur.
Cette douleur devient force et élève encore le niveau de conscience de la vie.

Ce n'est pas à l'expérience qu'il faut s'accrocher, l'expérience n'a aucune importance. L'important c'est la présence.


Il faut être conscient en permanence de ce qu'on est vraiment pour ne jamais croire aux illusions.
Ces problèmes qui encombrent nos pensées jusqu'à l'étouffement ne sont qu'illusion.
Il ne faut pas avoir peur, la foi nous préserve des pires souffrances car les souffrances tirent toutes leur origine d'une peur.
Sans peur, pas de souffrance.
Un humanité sans peur est une humanité sans souffrance. De la douleur, certes, mais pas de souffrance.
Car la souffrance est le ressassement de la douleur, de cette douleur qu'on ne sait pas quitter, tellement elle nous fait peur...
Donc si on n'en a plus peur?
Essayez et vous verrez.
Dès qu'on s'accroche à une condition, une volonté, de façon excessive, on souffre. Cette condition provient d'une crainte archétypale, il faut le voir pour avoir une chance de le comprendre et la guérir.


Voila, petite pensée du soir ;)

Ps : si cela blesse certains qui souffrent en ce moment, je compatis à ce que vous ressentez car je l'ai vécu de longues années.
Voyez en ce message de l'espoir, c'est grâce à l'espoir qu'on continue à avancer, même si c'est un solutionnement de cette souffrance est totalement in-envisageable en ce moment, les choses changent sans cesse. Bon courage.
Merci

gégé
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Messagepar gégé » 10 Oct 2011, 23:05

J'aime beaucoup cette façon de percevoir les choses!
Belle approche et philosophie :wink:

:lol: :lol: :lol:
Que la force soit avec vous.

gégé

110
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Messagepar 110 » 11 Oct 2011, 11:22

Hello Gégé.
Je suis content que ça te parle :)

J'ai envie de vous parler de mes expériences.
J'espère que mon témoignage puisse servir à ceux qui sont empêtrés dans la souffrance.
Je connais bien le domaine de la souffrance car d'une part je l'ai expérimenté dès la petite enfance. Et actuellement, je travaille avec des personnes très angoissées. On leur met l'étiquette d'autiste, mais cette notion est vaste et englobe beaucoup de type de personnes.
Pour ceux dont je parle, beaucoup sont dans des schémas mentaux très obsessionnels. Dès qu'ils sont livrés à eux-même, il remplisse le vide angoissant en eux par des TOC, de l'automutilation, de la violence, brefs des troubles du comportement.
Leur cadre de référence sensoriel est différent du notre. Certains ne supportent pas d'être touché, d'autre au contraire recherche une hyper-stimulation sensorielle, comme la douleur par exemple. (Bruit perçant, hyper-contraction musculaire-articulaire, coups, etc.
Certains de ces êtres vivent en permanence dans la douleur car paradoxalement, cette douleur les apaisent.
La douleur les recentres, mais alors souffrent-t'ils? A mon avis pas comme nous.
Il est impossible pour certains d'entre eux de comprendre notre notion de souffrance face à la douleur par exemple.
Je crois que leur souffrance à eux est plus existentielle. C'est comme d'être perdu en soi. Quand on est enfant, on ressent parfois ce genre d'angoisse. Ce fut mon cas et c'est ce qui me permet de fusionner avec leur ressenti. Sans hélas toujours pouvoir les aider.
Cela dit, je pense qu'il est possible d'accompagner ces êtres et de remplir leur existence d'un présence rassurante.
Ils peuvent prendre du plaisir, quand on s'occupe bien d'eux, qu'on leur prouve qu'ils ne sont pas seul, qu'on ne les laisse pas errer en eux-même seul face à leurs angoisses.
Ça n'évite pas la douleur mais ça apaise la souffrance.
Quand je suis avec eux, je sais que je suis là où je dois être.
Ils me poussent sans cesse à évoluer, et m'acceptent comme je suis, sans me condamner quand je fais des erreurs.

Merci d'avoir écouté mes confidences, c'est un pan très important de ma vie en ce moment et j'y consacre beaucoup d'énergie.
Soyez heureux.
Prenez bien soins de vous (et des autres peut être). :)
@+
Merci

manou
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...

Messagepar manou » 11 Oct 2011, 12:04


en te lisant.... 110
Voilà ce que cela évoque en moi..
ça fait assez longtemps que j'ai l'impression que les autistes sont des enfants, puis des gens, qui n'arrivent pas à s'incarner complètement...
Comme un "raté" d'incarnation, comme si quelque chose s'était passé qu'il y a comme un décalage, une incompréhension d'où ils se trouvent...
et en lisant ce que tu mets, je me dis que les TOC... etc... sont comme des manières de se montrer qu'ils sont là, vivants et vivant dans l'incarnation...
Effectivement si on les aide à "entrer" dans ce monde... :) . ils n'ont plus besoin de TOC...etc... malheureusement cela ne peut être que momentané... :? le plus souvent...
ça me fait penser aussi à la non-acceptation d'etre enfermés dans un monde restreint.... :roll: comme des oiseaux ou autres qui n'acceptent pas la captivité et se cognent contre les barreaux de leur cage....

ALORS... après... ont-ils choisi d'être là, comme ça ? ou est-ce un accident ?.... ça nous ne pouvons le savoir d'où nous sommes... :)
MERCI d'avoir accepté ce rôle de les aider....

bises réflexives :wink:
manou
"Pour réussir sa vie il faut avoir des rêves... " positifs cela va de soi :-)

110
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Messagepar 110 » 11 Oct 2011, 12:23

Merci pour ta réflexion très éclairée Manou.
Je crois que tes questions ouvrent la voie à une remise en question du sens que nous donnons à la notion de choix.
Il y a quelques jours, j'aurais dit que nous ne choisissons pas en tant qu'entité distincte, que cela s'inscrit dans un processus d'une échelle plus globale, comme une cellule souche se spécifiant à un rôle selon le plan de l'organisme, mais maintenant je ne sais pas.

Et s'ils ont fait le choix de vivre ces expériences, Dieu quel courage et quelle foi!
Cela voudrait dire que j'ai fait un choix plus lâche en m'abritant dans la rassurante conscience et sagesse. Suis-je donc plus fondamentalement angoissé qu'eux par la vie?
De eux et moi, qui aide qui en fin de compte? Car grâce à eux, j'ai un rôle de sauveur, ils réveillent en moi ce qu'il y a de meilleur.
Décidément, rien n'est tout noir ou tout blanc. :)
Quelle harmonie déconcertante en tout cas que cette danse de nos vies entre elles...

Biz réflexives :D (J'adopte ton expression!)
Merci

manou
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Messagepar manou » 11 Oct 2011, 13:40

110 a écrit :Merci pour ta réflexion très éclairée Manou.
Je crois que tes questions ouvrent la voie à une remise en question du sens que nous donnons à la notion de choix.
Il y a quelques jours, j'aurais dit que nous ne choisissons pas en tant qu'entité distincte, que cela s'inscrit dans un processus d'une échelle plus globale, comme une cellule souche se spécifiant à un rôle selon le plan de l'organisme, mais maintenant je ne sais pas.

Et s'ils ont fait le choix de vivre ces expériences, Dieu quel courage et quelle foi!
Cela voudrait dire que j'ai fait un choix plus lâche en m'abritant dans la rassurante conscience et sagesse. Suis-je donc plus fondamentalement angoissé qu'eux par la vie?
De eux et moi, qui aide qui en fin de compte? Car grâce à eux, j'ai un rôle de sauveur, ils réveillent en moi ce qu'il y a de meilleur.
Décidément, rien n'est tout noir ou tout blanc. :)

Quelle harmonie déconcertante en tout cas que cette danse de nos vies entre elles...

Biz réflexives :D (J'adopte ton expression!)


- OUI Quel courage dans le cas d'un choix !!! :roll:
- NON tu n'as pas fait de choix lâche, tu as fait le choix d'une expérience... ce qui n'est pas pareil... du tout !!! une autre fois.... tu feras ou tu as peut etre fait ce choix .... :roll: qui sait ?
- ICI tu peux être angoissé... comme eux éventuellement ... mais ce n'est qu'ici :)
- qui aide ??? NOUS NOUS entr'aidons !!! sans toujours le savoir consciemment... :)
- TOUT est NOIR ET BLANC.... :lol: plus ou moins....

ce que j'ai envie de te répondre... là... d'emblée....

BISES :D
manou
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gégé
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Messagepar gégé » 11 Oct 2011, 15:24

Tout simplement 110 merci d'être ce que tu es :!: :!: :!:

et de faire ce que tu fais :wink:

:lol: :lol: :lol:
Que la force soit avec vous.



gégé

white spirit57
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Messagepar white spirit57 » 11 Oct 2011, 19:25

:D :D :D :D :D :D :D :D :D :D :D :D

lilou16
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Messagepar lilou16 » 11 Oct 2011, 20:10

Mon petit fils qui est autiste m'a simplement dit l'autre jour "tu sais Mamie j'ai pas choisi une vie facile" !!!!
Il me surprend tout le temps ! :roll:
La race humaine doit sortir des conflits en rejetant la vengeance, l'agression et l'esprit de revanche. Le moyen d'en sortir est l'amour.
Martin Luther King

flo
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Messagepar flo » 11 Oct 2011, 21:00

Trés belles citations 110.

Et qu'est-ce qu'on fait de la souffrance physique ?

Car la souffrance psychologique est une chose, mais la souffrance physique en est une autre.

Comment faire pour être pleinement présent lorsque l'on souffre physiquement (j'aborde ce thème, car là, actuellement, j'ai une trés forte migraine, un truc qui te donne envie de pleurer, un truc où tu es limite prêt à vendre ton âme pour que la souffrance cesse... vous voyez quoi...).

Renforcer la présence, être observateur de la souffrance, c'est pas forcément évident à faire lorsque on a mal dans sa chair.

Qu'en pensez-vous ? :wink:
Sois le changement que tu veux voir dans ce monde.

lilou16
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Messagepar lilou16 » 11 Oct 2011, 21:39

C'est difficile Flo, j'ai également ressenti une immense souffrance physique quand j'ai fait une péritonite au point de vomir et de ne plus tenir debout. Je crois que si j'avais pu sauter par la fenêtre pour en finir je l'aurais fait alors observer la souffrance quand elle est trop intense je crois que c'est impossible. :cry:
La race humaine doit sortir des conflits en rejetant la vengeance, l'agression et l'esprit de revanche. Le moyen d'en sortir est l'amour.

Martin Luther King

110
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Messagepar 110 » 11 Oct 2011, 22:30

Bonsoir, merci Gégé c'est avec plaisir que je vis cette vie :)
Je profite de tous vous remercier du fond du cœur pour qui vous etes, c'est une grande joie que d'etre parmis vous, on ne le dit pas assez ;)

Bonsoir Flo, c'est un domaine que je connais moins bien, le pire que j'ai eu c'est des rages de dents, et récemment quelques migraines.
Mais je crois que l'état de conscience que l'on adopte peut jouer un rôle important.
Je pense que la foi peu limiter le processus de transformation de la douleur en souffrance.
Je n'ai pas de conseils, mais juste des pistes qui valent la peine d'être étudiées quand on vit ce genre de situation. (J'ai pleinement conscience que c'est parfois impossible. Et je ne pense pas qu'il faille se culpabiliser, que l'on soit responsable ou non de cette souffrance.)
Peut être que c'est le seul moyen qui nous pousse à lâcher prise, peut être n'en sommes nous pas conscient mais d'une manière ou d'une autre, on participe à cette expérience. Cela nous offre peut être l'unique occasion de parvenir à sauter le pas, lâcher prise, quitter psychiquement ce corps de souffrance afin de se ressourcer dans cette autre dimension.

Cela dit, je pense que ce n'est pas nécessaire, ma mère prenait très au pied de la lettre les signe de son corp. Elle est sur la même voie que nous ;)
Donc chez elle, j'ai observé que cet excès d'attention sur ces signes, produisait une accentuation des problèmes de santé.
Toutes ses difficultés psychiques, même inconscientes, avait systématiquement un résultat physique. Ce n'est pas mon cas car je n'aime pas ce genre de signe. Au niveau de ma santé, je me fie principalement à la nature, la nourriture et l'environnement. J'essaye d'être le plus conscient du choix que je fait de ma vie, et les signe se présente naturellement dans ma vie, des opportunités si précises que le choix est évident, etc.

Entre ça et une bonne crise hémorroïdaire, j'ai vite choisi moi...

Bon j'me suis un peu éloigné du sujet, j'y reviens, c'est une étape pour ma mère qui lui est nécessaire a fin de lâcher prise sur le contrôle qu'elle veut de sa vie. C'est quelqu'un qui a l'habitude de contrôler les choses, indépendantes, très autonomes, sur d'elle, etc. De grandes qualités à mes yeux mais un grand défi pour elle apprendre à lâcher prise.
Les douleurs et la souffrances ont longtemps été une forme de rédemption pour ceux qui s'en veulent profondément intérieurement.
Il faut alors creuser dans la direction de l'idéal que l'on s'imagine devoir être et voir si c'est vraiment notre idéal, ou celui qu'on s'est forgé inconsciemment étant enfant? (Ca c'est ce que m'a appris ma psychothérapie brève d'il y a quelques années ;))

Bon voila, pas de conseils, justes les pistes intéressantes qui me viennent à l'esprit en réponse à ton questionnement.

Maintenant, je pense que le soutien des gens qu'on aime est FONDAMENTAL
J'essaye dans ma vie d'être réellement présent auprès des gens que j'aime car je sais la force que cela donne quand on souffre.
C'est l'amour de mes proches qui m'a permis de continuer à espérer en la vie. Même si moi c'était de la douleur et de la souffrance psychique.
Je crois que l'amour pense toute les plaies.
Ho j'en reste sur cette jolie phrase :)
Bisous et beaucoup de courage, j'espère t'avoir apporté un peu de force :)
Merci

110
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Messagepar 110 » 11 Oct 2011, 22:41

Hello Lilou
Ton message me touche beaucoup.
J'ai demandé dans ma tête il y a peut être une semaine de savoir ce que pense une personne autiste de son état de souffrance.
Cela me conforte dans l'idée qu'il faut créer des liens très fort afin de leur donner la force de supporter cette souffrance. De la remplacer par des beaux moments et beaucoup d'amour :)
Merci encore Lilou et bisous à ton petit fils, je vous souhaite beaucoup de courage et plein d'amour! :)
Merci

Morgane
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Messagepar Morgane » 12 Oct 2011, 16:25

Salut tout le monde et merci pour ce bel échange très instructif ! :D
110 fait un boulot formidable !

Flo, j'espère que tu vas mieux. Nous nous connaissons depuis pas mal d'années et dans son cas, je crois qu'il s'agit simplement de surmenage: ton corps appuie sur le point sensible (la migraine) pour te dire de ralentir. La période incite d'ailleurs à ralentir, à s'arrêter pour humer l'air du temps afin de bénéficier des énergies que nous amène la fin du calendrier maya. Autour de moi tout le monde se traîne, tout le monde baîlle, fait des erreurs de concentration, des lapsus etc
Mais, les obligations de la vie quotidienne sont là et il faut bien les assumer ! Pas facile de ralentir dans ce monde de dingues ...
Je compatis car les bruits de la ville (chantier de construction à côté du bureau + sirènes de pompiers / police + klaxons et embout + alarmes) me donnent un mal de tête constant et je vois mal comment y échapper (à part mettre des boules quiès toute la journée !)

Une idée m'est venue à propos des gens très angoissés: ce sont peut-être des âmes qui s'incarnent pour la 1ère fois sur notre Terre et qui ont du mal à s'habituer à la méchanceté de ce monde.
Autre piste : une bonne psy m'a raconté un jour que les malheurs vécus à l'adolescence sont destructeurs pour tout le reste de la vie car c'est à cette période précise que l'on construit sa vision du monde et de la société, que l'on commence à y prendre sa place. Alors évidemment, quelqu'un qui a passé une partie de sa scolarité sous protection policière parce que menacé de mort avec sa famille, et qui a subi des agressions en série, ne peut que développer une mauvaise image de la société et se sentir menacé en permanence.

Les gens angoissés peuvent se sentir bien et être heureux s'ils bénéficient de l'amour et du soutien de leurs proches. L'ennui, c'est qu'ils ont un plus grand besoin affectif que les gens "normaux" et du coup, les amis en ont marre et s'éloignent avec parfois des remarques destructrices genre "t'es ch...", "il faut vraiment te soigner" etc Ils se retrouvent donc seuls dans la vie et de plus en plus angoissés, c'est un cycle infernal. Les autres semblent croire que les angoissés font exprès de réclamer de l'attention pour faire les intéressants mais ce n'est pas vrai !

Je ne connais pas de personnes atteintes d'autisme ou autres maladies graves comme celles dont s'occupe 110, mais il existe une multitude de gens qui sans être vraiment malades, souffrent d'angoisse et de déprime récurrente, à chaque moment où la vie les surmène ils risquent de plonger. Avec des phobies et des TOC dont l'intensité fluctue avec ce mal-être général (rien quand tout va bien, nécessité de prendre des médocs dans les périodes difficiles). Ce n'est pas pour rien que la consommation de psychotropes et d'anxiolytiques est monstrueuse dans nos pays.
Même pour ceux qui n'ont subi aucun traumatisme, la société déshumanisée avec son rythme épuisant et toutes ses exigences est suffisante pour générer des angoisses.

110
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Messagepar 110 » 12 Oct 2011, 20:33

Hello Morgane :)
110 fait un boulot formidable !

J'ai vraiment bien fait de choisir ce métier! :)
J'ai eu difficile car j'étais ouvrier, donc autant vous dire que j'ai peu travaillé... Un p'tit contrat par ci, un p'tit par là... Allez j'ai du bosser 4 ans sur 12 durant cette période, déménageur, couper le cable au gens :P (j'étais gentil je les envoyais vite payer pour pas les couper, souvent c'était des oublis...), j'ai bossé comme électricien dans les chaudières industrielles, j'ai bossé dans une ligne de production de silicone, bref j'ai ramé... Pas moyen de m'installer d'autant que je vivais avec ma mère dans une situation pareil.
vers 30ans à la sortie de l'usine, après un an et demi d'intérim, il peuvent plus me reprendre car j'ai trop bossé, le max c'est un an, puis 6 mois de coupure minimum avant de pouvoir rebosser là. Et bien j'ai bien déprimé, le raz le bol, j'ai décidé de changer de voie, comme j'avais déjà eu un flash de conscience, etc, j'avais envie de faire quelque chose qui servent vraiment, pas un truc dévalorisant, comme un robot.
Donc comme j'avais juste un diplôme d'étude professionnelle d'électricien, j'ai passé un examen d'entrée que j'ai réussi pour faire un graduat d'éducateur spécialisé en promotion sociale (devenu baccalauréat il y a peu) trois ans d'études et hop, ca fait plus de 4 ans que je bosse ici.
Et je m'investis avec une joie incroyable, je ris tout le temps, j'ai parfois des difficultés mais globalement, je suis hyper heureux.
Je refuse l'éventualité de passer responsable car je veux rester proche des résidants, c'est un métier que j'adore. J'ai aucun mérite car je fais ce travail avec joie, j'ai très facile,. Ceux qui bosses difficilement pour subvenir à leur besoin on bien plus de mérite que moi! En plus j'ai un métier valorisant, les résidants me rendent en amour l'attention sincère que je leur témoigne, j'ai vraiment un boulot formidable! :D

C'est si important de faire ce que l'on aime... Le travail se fait avec bien plus de facilité.
Régulièrement, je parle avec l'homme d'entretient, il doit avoir la cinquantaine, son usine a fermé, il y avait fait sa carrière.
C'est un brave gars qui a adopté deux jeune garçon et il prend encore bien soins d'eux alors qu'ils sont adultes. Bref, il me dit, " Que je suis bien ici, tout les jours je suis heureux d'être là, j'aurais jamais imaginé, si j'avais su ça avant. Il a découvert ce job qui lui plait bien plus que magasinier dans une usine, et il est heureux de travailler lui aussi.

Ces exemples pour souligner l'importance de trouver sa place. Le choix, on l'a toujours, mais cela prend du temps. Et il y a la peur qui de toute façon nous retient tant qu'on n'a pas compris suffisamment de chose pour parvenir à faire des choix différents.

Je profite de cette occasion Morgane pour te dire que je compatis sincèrement à ta situation.
Quand je pense à toi, à cet environnement de vie et de travail pesant et aux épreuves auquel tu dois faire face. J'ai envie que tu sache que j'ai la chance d'être sorti du même type de situation récemment. J'espère que mon cas t'encourage à tenir bon et à espérer un jour peut être une vie qui te corresponde mieux.
Voila c'est ma prière pour toi : Bon courage et plein d'espoir! :)


PS : Je veux préciser que certains de mes collègues on bien plus de mal, beaucoup se sont violemment casé les dents chez nous. J'ai des collègues qui ont vécus de fortes dépressions suite à des situations de violences. Ou de ceux qui ont du choisir de partir car il ne parvenaient pas à jouer ce rôle d'éducateur, etc.
Ce boulot est merveilleux pour moi car c'est ce que je veux faire.
Merci


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